| L'ambiguïté a toujours été
source d'expression pour Patrick Mimran. Né à
Paris en 1956, cet artiste versé dans la photographie,
la peinture, la composition, la musique, la technologie, le
multimédia, les installations, s'est naturellement imposé comme
artiste pluridisciplinaire.
Depuis les années 80, il a réalisé des
œuvres sur quasiment toutes les formes de supports possibles.
Son premier amour pour la photographie lui a très rapidement
permis de découvrir la peinture à l'encaustique,
une technique originaire d'Égypte qui consiste à
mélanger des pigments de couleurs à de la cire
fondue pour créer des motifs forts et, partant, idéale
pour peindre des histoires.
Cette technique particulièrement exigeante l'oblige
toutefois à focaliser son attention narrative vers
une autre forme d'expression visuelle. L'exploration du multimédia
gagnant rapidement ses faveurs, les années 90 voient
surgir des installations dans lesquelles convolent la musique,
la vidéo, la peinture et la sculpture. En regroupant
divers supports, son art est alors capable de s'ouvrir et
d'offrir au spectateur des «"environnements "où
les formes d'expression pluralistes peuvent se renforcer dans
une union esthétique.
Bien que Mimran ne se reconnaisse pas de maître, de
modèle ou d'école à part entière,
les thèmes multiples de ses œuvres indiquent une
certaine affinité paradigmatique avec d'autres artistes.
Il observe sans sourciller et avec la plus grande positivité
teintée d'humour les grands thèmes de l'humanité
– la vie, la mort, la beauté, la sexualité
– à travers des couleurs vives, des compositions
provocantes et des jeux de mots. Mimran ne se cantonne pas
à une forme d'expression. Il s'efforce sans cesse de
combiner divers supports pour favoriser les synesthésies
chez son spectateur et enrichir son expérience visuelle.
Il croit que la technologie, sa grande passion, peut servir
les beaux-arts autant en termes de création que de
communication.
Pour Mimran, la spontanéité est primordiale
lors de la phase créative, ce qui l'amène à
penser que « l'art gagne à ce qu'on ne réfléchisse
pas ». C'est en jouant sur l'angle de l'improvisation
et de la spontanéité qu'il fait ressortir l'art
au plus profond de lui. Chaque nouvelle création est
une nouvelle expérience dont il faut profiter. On ne
peut jamais vraiment prévoir comment une œuvre
sera perçue avant d'y apporter la touche finale.
Mimran est persuadé qu'il faut laisser au spectateur
le soin de réagir car son jugement va de pair avec
l'œuvre. Il souhaite établir un dialogue entre
l'artiste et le spectateur pour créer un substrat commun
et propice à son art : "Je crois que le spectateur
est aussi important que l'artiste, sinon plus ".
L'accessibilité de son art est telle qu'elle transporte
le spectateur dans un monde sensoriel et imaginaire où
tout est possible. C'est une expérience à la
fois profondément intime et totalement universelle.
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